Le devis sous-estimé
Au moment de chiffrer, on arbitre à la baisse pour que le prix passe. L'écart entre temps vendu et temps passé n'est pas un accident, c'est une constante.
Le calcul prend trente secondes. La réponse surprend souvent.
Un projet vendu au forfait paraît rentable jusqu'au jour où l'on compte les heures. Renseignez ce que vous avez vendu et ce que vous avez réellement dépensé : vous verrez ce qu'il vous reste, et surtout ce que vaut une heure de votre travail.
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C'est ce que rapporte une heure de votre travail : le montant vendu, moins ce qui part chez des tiers, divisé par vos heures. Comparez-le au coût d'une heure de votre équipe. S'il est en dessous, ce projet est payé par les autres.
Une marge de 20 % sur un projet qui a mangé trois fois le temps prévu n'est pas une bonne marge : c'est un projet qui vous a empêché d'en faire un autre.
Au moment de chiffrer, on arbitre à la baisse pour que le prix passe. L'écart entre temps vendu et temps passé n'est pas un accident, c'est une constante.
Le brief évolue, les retouches s'enchaînent, personne ne fait d'avenant. Ces heures sont offertes sans que quiconque ait décidé de les offrir.
Un freelance payé au projet n'apparaît dans aucun relevé d'heures. Son coût entame la marge dès qu'il est engagé, pas quand sa facture arrive.
Une heure de point d'équipe à trois coûte trois heures. C'est le temps le moins bien suivi, et souvent le plus cher.
Ce que vous coûte réellement une heure de travail, pas ce que vous la vendez. Pour un salarié : salaire chargé divisé par les heures réellement travaillées dans l'année. Pour un indépendant ou un associé : la rémunération que vous visez, charges comprises. Si vous hésitez, prenez la fourchette basse — le résultat sera déjà éclairant.
Celles qui sont liées au projet, oui : brief, devis, relances, facturation, réunions. Elles sont la partie la plus invisible du coût. Celles qui concernent l'agence en général — comptabilité, prospection — n'entrent pas dans le calcul d'un projet, mais elles expliquent pourquoi une marge de 10 % ne suffit pas à faire vivre une structure.
Il n'existe pas de seuil universel. Le repère utile est ailleurs : votre marge doit couvrir tout ce que le projet ne paie pas — les temps morts, la prospection, la comptabilité, les congés, les impayés. En dessous de 20 %, une structure de deux ou trois personnes absorbe difficilement un imprévu.
Le calcul est le même, mais sur un mois : le montant mensuel d'un côté, les heures et les coûts de ce mois-là de l'autre. Un abonnement se juge mois par mois, parce qu'il se dégrade lentement — quelques heures de plus chaque mois, et la marge disparaît sans que rien de visible ne se soit passé.
Non. Ce calculateur fonctionne entièrement dans votre navigateur. Rien n'est envoyé, rien n'est stocké, il n'y a ni compte à créer ni adresse à laisser.
La méthode complète, et pourquoi le chiffre est presque toujours sous-estimé de moitié.
Cinq étapes, et l'erreur de calcul qui coûte mille euros sur un devis de huit mille.
Les cinq fuites invisibles entre un carnet plein et une trésorerie vide.
Bénéf tient ce compte tout seul, pendant le projet — à partir du temps réellement saisi et de ce qui part chez vos prestataires. Vous voyez la marge se tendre pendant qu'il est encore temps d'agir.
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